QUAND LA VIE FAIT (QUAND MÊME) BIEN LES CHOSES

Malgré le fait que ma relation amoureuse soit l’un des accomplissements dont je suis la plus fière, nos débuts n’annonçaient pas le succès qui allait venir. Si quelqu’un m’avait dit que trois ans après notre première date,  Pier-Alexandre et moi serions plus amoureux que jamais, la tête pleine de projets, j’aurais probablement été la première à exploser de rire. À notre première rencontre, j’étais très loin de penser que P-A serait l’homme de ma vie. 

J’me souviendrai toujours de son over confiance en lui au moment où il m’a serré la main pour la première fois, en se présentant. “Moi, c’est P-A, j’organise l’initiation des nouveaux” qu’il m’a dit. Je m’imaginais le genre de gars un peu immature qui passe son temps à cruzer des filles et qui collectionne les g-strings comme des trophées de chasse. Nos premières dates ont été des flops totaux. Particulièrement la deuxième, où, on a pogné un flat et qu’on a dû attendre CAA pendant une période interminable dans une station-service de Griffintown. Le malaise que je ressentais pendant que le garagiste tassait le beer bong dans la valise de char de Pier-Alex pour trouver la roue de secours.

De son côté, Pier-Alex se lassait d’entendre les histoires de la party girl de 18 ans. Ma réputation de l’époque m’avait précédée et il ne voyait en moi qu’une enfant unique qui cherchait l’attention. Même s’il me trouvait bin belle, il trouvait insupportable mon habitude de prendre des selfies. Tellement qu’après quelque semaines à se voir on and off, il m’a sorti tout un discours pour me dire qu’il trouvait que ça allait trop vite. Sur la terrasse du resto l’Ange Cornu, à l’Assomption, il s’apprêtait à me donner mon 4%. À ce moment-là, j’ai eu l’éclair de génie de lui dire qu’il n’y avait rien de mal avec le fait de ralentir les choses, d’être amis et de voir la suite des choses. Ça a sûrement été la meilleure décision de ma vie.

Au fil des mois, son excès de confiance en lui s’est transformé en grande humilité. Sa grande gueule a laissé place à son authenticité et à sa transparence, deux qualités que j’apprécie particulièrement chez lui. J’ai appris à connaître le garçon intelligent et sensible (et qui ne collectionnait finalement pas les g-strings, loin de là) qui se cachait derrière son sourire de charmeur.  Il s’est vite rendu compte que mes vendredis soirs étaient plutôt réservés à regarder des films avec ma meilleure amie et ses chats qu’à faire des body shots dans les  nigthclubs du centre-ville et que je n’étais pas une princesse pourrie gâtée. À force de le côtoyer, j’ai laissé tomber les selfies (pas complètement).

Au fil des mois, on avait choisit de construire une relation basée sur l’amitié, puis l’amour est arrivé sans cogner à la porte ni s’essuyer les pieds avant d’entrer.  Un soir de début novembre, j’ai ramassé tout mon p’tit change et j’lui ai donné mon premier “je t’aime”. Avec une petite larme, c’était la première fois que je disais ces mots à un homme qui n’était pas mon père. Et le plus sincèrement du monde, sans aucune obligation, il m’a répondu de même.

Trois ans plus tard, on habite ensemble avec notre chatonne, Olivia Pope. On est plus amoureux que jamais. Dire que si j’avais refusé sa première invitation à aller prendre un verre dans le Vieux-Port, j’aurais passé à côté de tout ça. La morale de notre histoire, c’est certainement pas d’accepter une date avec le gars qui t’as approché avec DTF? sur Tinder, mais de laisser la chance au coureur. Tu pourrais passer à côté de l’amour de ta vie.

 

 

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