Comment j’ai fait pour “maigrir”

Y’a comme un éléphant dans la pièce depuis quelques mois sur les réseaux sociaux. Depuis que suis à Vancouver, j’ai perdu du poids. Genre 10 livres, mais quand t’es déjà pas mal sur la limite de ton poids santé, 10 livres, c’est pas mal. Alors qu’à une certaine époque de ma vie, j’aurais été plus qu’heureuse de voir la balance afficher une perte, aujourd’hui c’est pas mal différent. J’vis pas si bien avec le poids que j’ai en ce moment. J’osais pas en parler plus qu’il faut sur mes médias sociaux, jusqu’à ce que je me fasse demander par une abonnée comment j’avais fait pour perdre du poids. J’trouvais ça – un peu – déplacé comme commentaire, pas seulement parce que ma perte de poids n’était pas désirée, mais aussi parce que c’est une question un peu intrusive et personnelle.

En gros, j’ai fait enlever mes dents de sagesse au mois d’août et j’ai eu d’la misère à ouvrir la bouche pour manger plus qu’une bouchée de purée pour bébé pendant un bon deux semaines. Ensuite, j’ai planifié le move le plus stressant de toute ma vie en déménageant à l’autre bout du pays avec mon chum et mes animaux. J’ai souvent “oublié” de manger et eu l’estomac noué par le stress. Comme tu le sais, notre premier appartement de Vancouver nous a fait faire de l’insomnie et nous a forcé à re-déménager même pas deux semaines après notre arrivée. Ajoute à ça l’éloignement de notre famille, une nouvelle job que je détestait, voilà ma recette secrète pour perdre entre 10 et 15 livres en moins de trois mois: une dose très élevée de stress!

Je l’ai surtout remarqué parce que la plupart de mes vêtements favoris sont maintenant trop grands, et également parce que j’ai reçu des commentaires de l’extérieur, des “compliments“. Pour être honnête, depuis que je ne prends plus la pilule contraceptive, j’peux pas mal manger n’importe quoi et je ne prends pas un gramme – mon chum est un peu jaloux parce qu’il peut prendre cinq livres, simplement en regardant un gâteau -. L’été dernier, je m’entraînais régulièrement, j’avais des muscles et je faisais attention à mon alimentation en mangeant des fruits et des légumes à ma faim. J’étais à la limite négative de mon poids santé, mais j’étais dans un bon état mental et je me sentais si bien dans ma peau. Depuis le déménagement, l’entraînement a pris l’bord, j’mange pas mal moins bien, des fois trop, d’autres pas assez. Le peu de livres perdues qu’affiche la balance me donne envie de pleurer parce que je ne reconnais plus mon corps.

Du plus loin que j’me souvienne, j’ai toujours eu au moins un complexe sur mon body. J’ai souvent été dure avec mon petit corps. Pendant longtemps, c’était ma poitrine – j’ai d’ailleurs eu une réduction mammaire en 2014, mais c’est pour un autre article – ensuite, mes hanches trop larges – j’ai toujours eu un “bon bassin” comme on m’a souvent dit – mes abdos pas assez définis, mon acné, etc. Du plus loin que je me souvienne, j’ai jamais été à 100% satisfaite de mon apparence. C’est triste, mais vrai. Pis j’pense que j’suis pas la seule dans cette situation. Sauf que en ce moment, j’suis vraiment pas satisfaite de l’image que le miroir me renvoie, pis j’me dis que j’échangerais peut-être mon mini body du moment pour mes courbes d’il y a quelques années

J’trouve ça triste, parce que on associe souvent le fait de maigrir avec le fait d’être en santé, sauf que j’peux te dire que j’étais beaucoup plus en santé avec mon +/- 10 livres de plus que je le suis en ce moment, autant physiquement que mentalement. J’trouve ça triste que notre société valorise autant la perte de poids, parce que en ce moment, j’ai pas besoin de me faire féliciter pour être fucking anxieuse.

En 2019, j’aimerais ça me donner comme cadeau d’être plus douce avec mon corps, d’en prendre plus soin et de le critiquer moins. Doucement, on parle d’avoir des enfants P-A et moi – pas des poilus, des vrais – et j’aimerais être en meilleure forme, physique et mentale, avant de fabriquer un mini nous. J’veux lui montrer des belles valeurs et l’estime de soi. Pis j’aimerais donc ça que mon futur bébé aie pas besoin de s’en faire avec son image comme sa maman le fait trop souvent.

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