Pourquoi j’ai eu recours à la chirurgie plastique

J’ai parlé quelques fois de ma chirurgie de réduction mammaire dans des articles précédents et dans des stories Instagram. J’pense que en trois ans de rédaction de mon blog, c’est le sujet qui a suscité le plus de questions de votre part. Après en avoir parlé pour la première fois, ma boîte de messagerie a été inondée de messages. La plupart d’entre vous étiez très curieuses puisque c’est une intervention que vous envisagez, d’autres ont été plus intriguées par les raisons qui m’ont poussées à en venir à la chirurgie plastique. Il faut savoir qu’au moment d’écrire ces lignes, je suis plus qu’anxieuse. Anxieuse, parce que j’ai peur que mes propos soient mal interprétés et qu’on me donne des opinions qui ne sont pas les miennes. J’ai aucune envie de glorifier la chirurgie plastique, parce que c’est quelque chose de majeur dans une vie. C’est une décision qui mérite d’être réfléchie à 100% avant d’être prise et je ne souhaite influencer personne avec cet article. En gros, you do you! Aussi, même si ma chirurgie date d’il y a plusieurs années, ça reste un sujet très personnel pour moi et c’est très difficile d’écrire sur ce sujet.

Du plus loin que je peux me souvenir, j’ai toujours eu des énormes complexes liés à ma poitrine. Il faut dire qu’elle a mis du temps à se pointer – insérer un jeu de mots douteux avec pointe et seins – alors que presque toutes mes amies portaient déjà du B en deuxième secondaire, j’attendais encore que la fée des nénés me distribue ma paire. À vrai dire, du haut de mes 13-14 ans, j’étais pas mal convaincue que j’allais passer tout le reste de ma vie avec une planche de plywood à la place du chest. Je me souviens même avoir dit à mon amie Audrey que je n’enlèverais jamais ma brassière devant un garçon avant de m’être fait poser des seins – à quel point c’est intense de dire ça si jeune?? – Avec du recul, j’ai l’impression d’avoir été brainwashé par les médias à m’auto-critiquer et à juger mon corps sans cesse. J’étais certaine d’être complètement anormale parce que je portais encore du AA en deuxième secondaire, alors que maintenant, je sais que y’a rien de plus normal que ça.

Fast forward vers la Claudie de 17 ans qui commence à prendre la pilule contraceptive lors de sa première année de Cégep. Cette fille-là avait plus souvent une bouteille de Palm Bay dans la main que son nez dans ses livre – mais ça, c’est pour un autre article – et commençait à envisager le fait de peut-être, éventuellement,  enlever son haut devant un garçon. Grâce aux hormones contenues dans la pilule, en une session de Cégep, j’ai passé d’un petit bonnet B à un DD. Toute une différence, mettons! J’avais pris du poids overall, mais l’essentiel était stocké dans ma poitrine. Avec une taille assez mini et une poitrine assez gigantesque, c’était impossible de m’habiller. Oublie les chemises parce que les boutons vont menacer de t’exploser à la figure et les t-shirt oversized me donnaient l’air d’une poche de patate.

En poussant aussi rapidement, ma poitrine était déséquilibrée, genre pas égale de partout. On était loin des melons ronds comme la terre qui pointent vers le nord de Pamela Anderson, mettons. J’avais aussi de larges vergetures violacées, qui ont laissé place avec le temps à des sillons creux sur ma poitrine. Je vous épargne les détails, parce que c’est quelque chose de vraiment personnel de vous décrire mes anciens seins, mais ma poitrine était devenue mon pire cauchemar. On dit toujours que les seins d’une femme devraient avoir l’air de des soeurs et non des jumelles, en insinuant que c’est normal qu’ils soient un peu différents, sauf que mes anciens seins avaient plus l’air de deux cousines éloignées de la fesse droite. À l’époque, je donnais des cours de natation et ça me prenait tout mon petit change de me mettre en maillot chaque semaine pour enseigner comment flotter à des enfants. J’essayais de me convaincre que y’avait juste moi qui le voyait, un peu comme quand t’as un bouton dans le front et que tes amies essaient de t’assurer qu’il paraît pas. Jusqu’à ce que quelqu’un avec qui j’avait choisi d’enlever mon top aille dire à ses amis à quel point ça paraissait. À 17 ans, de voir ton plus grand complexe étalé sur la place publique, c’est genre la pire affaire qu’il peut pas t’arriver – j’exagère à peine, tsé

Ça a déteint sur mes relations avec les gars et sur ma job, ça a encore plus miné ma confiance en moi. Quand j’ai rencontré P-A, un an plus tard, je lui en ai fait part et j’aurais pas pu tomber sur un meilleur confident. Il m’a écouté, sans jamais me juger et il m’a offert la chose dont j’avais le plus besoin: du respect de la part d’un gars. Après un an de relation, je lui ai fait part de mon désir d’avoir une chirurgie, il m’a accompagné à tous mes rendez-vous, de la demande initiale à mon médecin de famille, jusqu’à la salle de réveil de l’hôpital. Il ne m’a jamais donné son opinion personnelle parce qu’il ne voulait influencer ma décision finale et j’ai trouvé ça merveilleux. J’aurais pas pu imaginer avoir un meilleur partenaire pour m’accompagner dans mon cheminement. Je souhaite sincèrement à toutes les filles de trouver un quelqu’un qui les respecte et qui les traite comme si elles étaient la plus belle chose, on le mérite vraiment toutes.

J’suis tellement pas en train de dire que si t’as un complexe, la solution rapide, c’est la chirurgie plastique. Dans un monde optimal, on apprendrait tous à aimer nos “défauts”, sauf que ça reste plus facile à dire qu’à faire. J’ai eu beau faire tout le travail personnel que je pouvais et essayer d’aimer mon ancien corps, pour moi, c’était impossible.

Aujourd’hui, je peux affirmer ne jamais avoir regretté ma choix d’avoir recours à la chirurgie plastique. J’ai eu la chance d’être appuyée par tous les membres de mon entourage et d’être suivie par le meilleur chirurgien. J’suis passée d’un bonnet DD à un B. Après avoir eu une réduction mammaire d’un côté et un redrapage des deux, je peux porter ce que je veux – j’suis même plus obligée de porter de soutien-gorge, c’est tu pas beautiful ça? – Presque quatre ans plus tard, mes cicatrices sont pratiquement invisibles et j’ai aucun problème à porter un maillot de bain en public.

Je compte écrire un autre article sur l’intervention en tant que telle et mon parcours médical. Laissez-moi vos questions ici et je tâcherai d’y répondre du mieux que je peux dans la suite de cet article.

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