Comment s’est passé ma chirurgie plastique – première partie

Il y a quelques semaines, j’ai discuté du sujet le plus intime jamais abordé sur le blog: ma chirurgie de réduction mammaire. Même si cette intervention date d’il y a presque quatre ans, c’était extrêmement douloureux de plonger dans cette période et de revivre les événements la précédents. À l’époque, ma poitrine était mon plus gros complexe et la simple action de choisir quels vêtements porter le matin devenait souvent mon enfer personnel. Vers l’âge de 19 ans, j’ai commencé à véhiculer mon envie d’avoir recours à la chirurgie plastique, ça m’aura pris près d’un an pour que cette dernière se concrétise enfin, à ma plus grande joie.

Encore une fois, je crois important de mentionner que toute chirurgie plastique n’est pas à prendre à la légère. C’est une décision qui nécessite d’être longuement réfléchie et qui devrait être prise en ne prenant aucune autre opinion en compte que la sienne. Dans un monde idéal, on apprendrait tous à aimer nos complexes qui font nos différences, mais dans ma situation, c’était impossible d’aimer mon corps – j’ai tellement essayé, pourtant – et ma chirurgie plastique a été une véritable révélation. Sans vouloir te convaincre d’y avoir recours et en te proposant assurément d’apprendre à t’aimer d’abord, voici la première partie de la petite histoire de mon expérience sous le bistouri.

C’est en discutant avec mon médecin de famille que j’ai apprise que la chirurgie plastique subventionnée par le gouvernement pouvait être une option viable pour moi. Je suis sortie du cabinet avec un sentiment doux-amer parce que j’ai dû lui montrer ma poitrine pour qu’il puisse juger si une intervention était nécessaire. J’ai pleuré durant le trajet d’auto jusqu’à la maison. Par contre, puisque mon budget d’étudiante de Cégep de 19 ans ne me permettait clairement pas de payer pour une nouvelle paire de seins, j’étais réjouie d’apprendre que la RAMQ me permettrait d’être mieux dans ma peau. Par la suite, j’ai fait mes propres recherches pour trouver un chirurgien qui pourrait performer mon intervention en étant affilié à la Régie. Puisque c’est moins rentable pour un chirurgien privé de performer une chirurgie payée par l’État que de fixer ses propres tarifs au privé, ce ne sont pas tous les médecins qui acceptent.

En rencontrant le Dr Zelt à son bureau d’Outremont, j’ai aussitôt été mise en confiance. J’avais devant moi un homme plein d’assurance qui n’en était pas à son premier rodéo et qui savait exactement ce qu’il faisait. Je suis d’ailleurs encore assuré qu’il aurait pu performer mon opération les yeux fermés. Il m’a expliqué qu’il devait prendre des photos pour ma candidature à la RAMQ. C’était la Régie qui déciderait si mon opération pourrait être subventionnée par l’État. Si je convenais aux standards, mon opération serait payée en entièreté par le gouvernement. Même si ma candidature était refusée cette fois-ci, je pourrais appliquer dans le futur, sans limite. Je dois avouer qu’à ce moment, j’étais bien appréhensive à l’idée de devoir attendre plusieurs années avant d’avoir une réponse affirmative. Heureusement, ma candidature a été acceptée en un peu moins de six mois. Je me souviens encore de pleurer de joie dans la salle des employés de mon ancien emploi devant les regards mitigés de mes collègues après avoir reçu l’appel de Nathalie, la réceptionniste du Dr Zelt pour prendre mon rendez-vous pré-opératoire.

À ce moment, on m’a expliqué quelles techniques Dr Zelt utiliserait pour donner à ma poitrine le look désiré. Il m’a alors confirmé que ma poitrine avec un ratio trop volumineux en comparaison avec le reste de mon corps – ce que je savais déjà, sans être médecin -. Les chirurgiens plastiques cherchent à obtenir un tout cohésif et ont une vision qui dépasse la zone à opérer, ils perçoivent le corps complet lors de leur prise de décision. Dans mon cas précis, le  haut de mon corps était disproportionné par rapport à ma taille menue et à mes hanches. J’ai pris soin de lui dire que je souhaitais obtenir un résultat naturel, tout en gardant ma silhouette féminine. On a également discuté de l’option des implants, que je souhaitais éviter à tout prix, mais que l’on ne pouvait pas écarter tant que l’intervention n’était pas complète. Si tout allait bien, mon chirurgien opterait pour une incision en forme d’ancre de bateau du côté gauche – qui consiste à couper dans le creux du sein, puis à la verticale, jusqu’au mamelon et autour de celui-ci – pour retirer du tissus graisseux et redraper le sein. Pour le côté droit, il s’agirait d’un simple cercle autour du mamelon, pour le remonter. Selon lui, les cicatrices seraient minimales et en respectant les protocoles post-op, elles seraient très belles.

S’en est ensuite suivi le contrôle de routine à l’hôpital pour s’assurer que j’étais en pleine forme pour ma chirurgie qui approchait à grands pas. Une infirmière a récolté mon sang en me demandant si je fumais ou consommais plus que trois breuvages alcoolisés par semaines et si je pouvais être enceinte. En répondant par la négative à toutes ses questions, j’étais déjà anxieuse en pensant au grand jour.

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