Comment s’est passé ma chirurgie plastique – dernière partie

Enfin! La troisième et dernière partie de mon récit sur la chirurgie plastique. Je sais d’ailleurs que vous étiez nombreuses à attendre ce dénouement avec impatience. J’ai reçu une montagne de messages privés de filles en attente de la même intervention que celle à laquelle j’ai eu recours et qui avaient hâte de lire mon expérience avec la convalescence. Et j’étais aussi impatiente qu’elles d’en faire part dans un article final. Au cas où tu serais nouvelle sur mon blog, tu peux trouver les parties une et deux de mon expérience de réduction mammaire ici et ici.

Encore une fois, je crois bon de spécifier que n’importe quelle intervention du genre doit être pesée et réfléchie à 100%. Comme je l’ai dit dans la partie précédente: Dans un monde idéal, on apprendrait tous à aimer nos complexes qui font nos différences, mais dans ma situation, c’était impossible d’aimer mon corps – j’ai tellement essayé, pourtant – et ma chirurgie plastique a été une véritable révélation. Cet article, je l’écrit dans le but d’informer les filles qui sont dans la même situation que la mienne et qui vivent un profond inconfort avec une partie de leur corps. Je l’écris un peu aussi pour la Claudie qui a passé son adolescence à ne pas trop comprendre son corps et qui se pensait complètement anormale, à la jeune fille qui n’aurait jamais pensé voir la lumière au bout du tunnel. Voici donc, la troisième et dernière partie de mon récit, celle qui touche surtout à la chirurgie en elle-même et à la convalescence.

Après avoir passé une batterie de tests pour confirmer que j’étais en pleine forme physique pour passer sous le bistouri, on m’a confirmé la date officielle de ma chirurgie. On m’a convoqué à l’hôpital St-Mary’s de Montréal pour la date du 5 mai. Avant l’opération, je devais prendre une douche à la maison et me laver avec une solution désinfectante fournie par l’hôpital. Puisque mon opération était très tôt ce matin-là, on s’est levés vers 5:00 am pour éviter le traffic de la ville et nous sommes arrivés avec beaucoup d’avance dans la salle d’attente des chirurgies d’un jour. Mon ventre gargouillait et je savais que ça n’avait aucun rapport avec le fait que j’étais à jeun depuis la veille. Je vivais un sentiment de joie et d’angoisse, l’anesthésie générale me stressait beaucoup. Terrifiée, mais tellement heureuse, à la fois, une gentille infirmière est venue me chercher. Elle m’a donné une jaquette, des pantoufles et un bonnet à enfiler et j’ai laissé mon p’tit chum derrière moi avec une boule dans la gorge.

On m’a amené dans une zone stérile, puis dans la salle d’opération. Je me souviens qu’il y faisait super froid et que mon chirurgien ait demandé à son équipe de m’amener une couverture supplémentaire parce que je grelottais. Il a dessiné le site de mes futures incisions sur ma poitrine au crayon noir, en prenant le soin de me cacher des douze autres yeux présents dans la salle. L’anesthésiste est venu me parler et m’a grandement rassuré. L’équipe m’a ensuite attaché les bras en croix sur la table, on m’a branché à un électrocardiogramme, installé un soluté. Finalement, l’anesthésiste m’a dit que j’allais bientôt dormir en plaçant un masque sur mon visage. J’ai à peine pu compter jusqu’à trois.

À la salle de réveil, je sentais une pression immense sur ma poitrine, mes bandages étaient très serrés. J’éprouvais un peu de douleur alors on m’a donné un peu de morphine par intraveineuse. Après environ une heure, on a roulé mon lit jusqu’à la salle de repos – le nom m’échappe, mais c’est la salle où on apporte les gens qui sortent de chirurgie d’un jour -. Petite anecdote: à ce moment, une infirmière m’a demandé le nom de la personne qui m’accompagnait. Mon beau Pier-Alex dans la salle d’attente était en train de travailler sur son portable et écoutait de la musique avec des écouteurs, il n’a pas entendu son nom à l’intercom. L’infirmière est revenue à mon chevet un peu mal à l’aise de me dire que mon chum n’était pas là. Un peu en train de planner à cause des médicaments, je lui ai dit de chercher un roux avec un ordinateur sur ses genoux. Elle me l’a immédiatement ramené à mon chevet. Après s’être assuré que je pouvais marcher et aller aux toilettes toute seule, le personnel de l’hôpital m’a amené jusqu’à la voiture en chaise roulante. On m’a également donné la prescription pour mes antidouleurs à ce moment. À la pharmacie, pour les récupérer, j’ai dû faire la file et je m’y sentais très étourdie. En fait, j’ai presque fait une chute dans la file d’attente. C’est un des effets secondaires de l’anesthésie et de la morphine. En arrivant chez nous, j’ai vomi à chaque fois que j’essayais de manger ou que je me levais trop vite. J’ai dormi comme un bébé dans le confort de mon lit, chose que je n’avais pas arrivé à faire à l’hôpital. Mon p’tit chum a veillé à mon confort, c’était le meilleur garde malade que j’aurais pu avoir à mes côtés. Il m’a aidé lors des premiers jours, parce que le simple fait de me laver les cheveux était une tâche impossible pour moi. Les bains étaient d’ailleurs mes meilleurs amis parce que je ne pouvais pas mouiller mes pansements.

Pour les semaines suivantes, j’ai eu beaucoup de difficulté à trouver une position confortable pour dormir, ne pouvant pas me placer sur le ventre et ne pouvant pas lever les bras. Une semaine après la chirurgie, j’ai rencontré mon médecin pour retirer mes pansements. J’ai bien failli y faire une crise cardiaque, mais j’ai juste fait une chute de pression! Avec raison d’ailleurs, mes blessures n’en étaient qu’à la première semaine de guérison et étaient vraiment loin du résultat final. Je t’épargnes les détails, mais mes seins avaient tellement de bleus qu’on aurait dit que j’avais des arc-en-cieux sur la poitrine. En plus, ils étaient écrasés depuis sept jours sous les pansements donc ils n’étaient vraiment pas à leur meilleur. Mes points de sutures étaient aussi super apparents à ce moment. On m’a suggéré de porter surtout des bralettes jusqu’à la guérison complète et de ne pas pratiquer de sport, pour aider la guérison.

Ça aura pris environ quatre mois à mes cicatrices pour pâlir et un an à devenir quasi-invisibles. Les points de sutures fondants auront également pris presque cinq mois à fondre complètement. Il suffit de frotter doucement avec du savon pour les faire tomber. On peut également couper délicatement les petits bouts parfois piquants qui peuvent sortir et nous agacer.

Quatre ans plus tard, je crois encore que de prendre la décision d’aller de l’avant avec la chirurgie plastique était la meilleure que j’aurai pu prendre. La partie qui m’effrayait le plus était la convalescence et sincèrement, c’était vraiment pas si pire que ça. Sauf pour la première journée où j’étais méga étourdie et j’avais beaucoup de nausées, c’était comme des petites vacances.

 

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